Généralités
Les bryophytes sont des plantes terrestres qui n’ont pas de tissu vasculaire, pas de racine et qui ne produisent pas de fleurs. Les bryophytes sont caractérisés par un cycle de vie haplodiploïde avec une phase gamétophytique dominante (Figure 1), ce qui est unique parmi les plantes terrestres. La partie dominante des bryophytes, celle qui fait la photosynthèse, est le gamétophyte, qui est haploïde. Par spécialisation et division cellulaire, des gamètes mâles et femelles sont produits par le gamétophyte. Quand un gamète male (anthérozoïde) atteint un gamète femelle (oosphère) à la nage, il le féconde. La fécondation dépend donc de l’eau. Le résultat de la fécondation produit un sporophyte diploïde. C’est dans ce sporophyte que, par division méiotique, les spores se forment. La spore (haploïde) est l’unité de dispersion sexuelle et mesure généralement entre 10 et 30 μm. Dans des conditions climatiques favorables, la spore germe pour former un protonéma qui se développe en gamétophyte. La plupart des bryophytes sont également capables de se reproduire asexuellement par la production de propagules végétatives. Les bryophytes présentent la plus grande diversité morphologique de propagules parmi tous les groupes végétaux.

On trouve des bryophytes dans tous les écosystèmes terrestres et d’eau douce, à la seule exception de la glace permanente. Les bryophytes poussent sur tous les substrats : sol, roches, arbres et même sur les feuilles. Les bryophytes n’ont ni système vasculaire, ni racines, ni stomates fonctionnels. Par conséquent, les bryophytes absorbent l’eau et les nutriments provenant des précipitations directement à travers leurs tissus. Les bryophytes sont poïkilohydriques, ce qui signifie qu’elles ne peuvent pas réguler leur teneur en eau. Les bryophytes entrent en dormance lorsqu’elles se dessèchent en raison d’un manque d’humidité dans l’air et, une fois humidifiées, reprennent leurs activités physiologiques.
Les bryophytes constituent le deuxième groupe le plus diversifié parmi les plantes terrestres (le premier étant celui des angiospermes), avec environ 20 000 espèces dans le monde, 1 800 en Europe et 720 en Belgique. Les bryophytes se divisent en trois groupes : les mousses (bryophytes au sens strict), les hépatiques (Marchantiophyta) et les anthocérophytes (Anthocerophyta).
Reconnaissance sur le terrain
Les mousses ont les feuilles insérées en spirale autour de la tige, ce qui donne un coté 3D au rameau. Le sporophyte des mousses est persistant car il est chlorophyllien. Il peut être vert ou brun-rouge. Il se compose d’une soie qui porte une capsule. La capsule est souvent protégée d’une coiffe (un tissu gamétophytique). La capsule s’ouvre souvent à la tombée d’un opercule dégageant parfois un péristome (rangée de dents qui, par mouvement hydrique, aide à la propulsion des spore hors de la capsule). Il y a deux grands groupes de mousses : les acrocarpes et les pleurocarpes. Les mousses acrocarpes ont un port dressé et leur sporophyte pousse de manière terminal sur la tige. Les mousses pleurocarpes ont un port plutôt rampant, ramifié parfois dendroïde et leur sporophyte pousse latéralement sur la tige (Figure 2).


Figure 2. Les deux principaux ports de mousse et schéma d’une mousse.
Pendant la sortie, nous avons observé des coiffes velue de Ulota crispa et un sporophyte avec capsule et péristome de Hypnum cupressiforme.
Les hépatiques sont elles aussi divisées en deux groupes : les hépatiques à feuilles et les hépatiques à thalle. Les feuilles des hépatiques à feuille sont disposées de part et d’autre de la tige et à plat (la marge de la feuille parallèlement à la tige), contrairement aux mousses. Les hépatiques à feuille ont donc un aspect aplati, en 2D (Figure 3). Les hépatiques à thalle n’ont pas de feuille. Leur tige est comme élargie, plate et chlorophyllienne (Figure 4).


Figure 3. Schéma d’hépatiques à feuille

Les hépatiques ont en commun, entre-autre, la morphologie de leur sporophyte. Leur sporophyte n’est pas chlorophyllien, il est hyalin, et sa capsule s’ouvre en 4 valves (Figure 3).
Pendant la sortie nous avons pu observer un sporophyte capsule fermée de Lophocolea bidentata (hépatique feuille) et un sporophyte ouvert de Lunularia cruciata (hépatique à thalle).
Organismes observés pendant la sortie
1. Pseudoscleropodium purum, mousse pleurocarpe, feuilles terminées par un crochet.
2. Lophocholea bidentata, hépatique à feuille, feuilles bidentées.
3. Thamnobryum alopecurum, mousse pleurocarpe à port dendroïde.
4. Lunularia cruciata, hépatique à thalle, corbeilles en croissant.
5. Kindbergia praelonga, mousse pleurocarpe, ramifiée régulièrement et dimorphisme foliaire.
6. Ulota crispa, mousse acrocarpe, coiffe velue et feuilles torsadées à la dessication.
7. Frullania dilatata, hépatique à feuille, parfois rouge.
8. Radula complanata, hépatique à feuille, feuilles se recouvrant.
9. Bryum sp., mousse acrocarpe, feuilles terminées par un long poils hyalin.
10. Brachythecium rutabulum, mousse pleurocarpe, nervure 3/4.
11. Fissidens sp., mousse pleurocarpe, comme une petite plume.
12. Ctenidium molluscum, mousse pleurocarpe, bout des rameaux en bigoudi.
13. Homalothecium lutescens, mousse pleurocape, longues feuilles striées.
14. Hypnum cupressiforme, mousse pleurocarpe, feuilles falciformes et sans nervure.
15. Neckera complanata, mousse pleurocarpe, plates avec rameau filiforme
16. Neckera crispa, mousse pleurocarpe, plates avec rameau gaufrée/ondulée.
17. Eurhynchium striatum, mousse pleurocapre, feuilles triangulaires, dentées et striées.

